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Nos objectifs dans ce pays Promouvoir l’insertion sociale et professionnelle des femmes les plus démunies et leur accès à l’information à travers : - la valorisation d’un échange culturel entre des étudiants français et des femmes indiennes, - le développement de rencontres autour de différentes activités afin de permettre l’insertion sociale et professionnelle des femmes, - la mise en place d’un système de micro crédit afin que les femmes puissent développer des activités telles que l’artisanat ou la couture, - la promotion de l’accès à la santé pour les femmes qui n’en ont pas les moyens (une équipe médicale interviendra pour donner des soins médicaux aux femmes maltraitées, battues ou brûlées vives). 2009 : l’ASAD a décidé de soutenir une association indienne qui entend défendre la liberté et les droits de la femme dans la région du Rajasthan au Nord de l’Inde.
L'ASAD EN MISSION EN INDE 2009
A Gurgaon, on trouve dans le centre commercial une petite boutique :
La ferme est située entre Jaipur et Delhi, à 80 kms au sud de Gurgaon, la ville la plus proche. Pour y accéder, il faut emprunter des routes tortueuses au milieu de terres arides. Mais lorsqu’on accède à la ferme, on découvre un oasis de verdure. Les habitants prennent grand soin de leur terrain : ils se nourrissent quasiment exclusivement du produit de leurs récoltes. 3 personnes ont à charge d’entretenir la ferme et de récolter fruits, légumes et lait de vache pour nourrir l’ensemble de la communauté. Celle-ci se réunit sous un grand préau, et une autre personne s’occupe de la cuisine pour tous. Ce sont les seules personnes qui ne s’occupent pas de l’activité principale : la fabrication de vêtements.
Dans le bâtiment principal, on trouve une dizaine de machines à coudre, plus une machine à broder. La plupart des femmes qui y travaillent y sont depuis plusieurs années, fidèles au fonctionnement de la ferme. Certaines ont pu refaire leur vie : c’est ainsi que l’une d’entre elles s’est remariée, avec un homme qui travaille maintenant lui aussi à la ferme, et a eu une petite fille. Toutes semblent heureuses de vivre ici, et voient leur travail récompensé : les vêtements qu’elles confectionnent se vendent bien.
Lors de notre arrivée, nous avons été pris en charge par Anshu, la designer. En l’absence de Kakoli, la directrice, c’est elle qui donne les directives. Elle aide les jeunes couturières, distribue les tâches, fait des essais de texture, de couleur.
Mais Anshu a également une autre fonction, tout aussi importante dans le fonctionnement de la ferme. En effet, à quelques centaines de mètres de celle-ci, se trouve un petit village rural, Ladpoori, qui compte à peu près 200 habitants. Il y a 15 ans, il en comptait à peine plus de 20. Mais ici, au Rajasthan, la fonction prioritaire des femmes est d’avoir le plus d’enfants possible : pour le mari c’est un signe de puissance. Alors, ici comme dans d’autres villages, il est coutume de voir des familles avec 10 enfants, parfois 15. Et les femmes, une fois en âge de procréer, seront mariées et auront à leur tour des enfants. Tout indique donc que ce village va continuer à grossir.
Pour Jyoti, il était important de s’occuper de ces jeunes filles de Ladpoori, qui n’ont aucune éducation scolaire (seuls certains garçons peuvent aller à l’école), avant qu’elles soient accapparées par leurs tâches maternelles. La proposition qu’elle leur fait est la suivante : elles viennent tous les matins à la ferme, et reçoivent des cours : Anshu leur apprend à lire et écrire en anglais, pendant qu’une autre fille de la ferme leur apprend l’hindi. De temps en temps, ils utilisent des manuels scolaires pour étudier d’autres matières. A midi, elles déjeunent avec toute la communauté. Et l’après-midi, elles participent à la confection des vêtements, en utilisant les machines à coudre, et en recevant une rémunération pour le travail effectué.
Lors de notre séjour, elles étaient une dizaine de jeunes filles du village à venir à la ferme. En général, ce qu’elles préfèrent et de loin, c’est d’être devant les machines à coudre. Alors Anshu fait tout ce qu’elle peut pour rendre ses cours attractifs, et faire en sorte qu’elles aient des bases scolaires.
LES AMENAGEMENTS FUTURS
Outre la découverte de la ferme et du projet de celle-ci, l’objectif de notre séjour était de participer financièrement à la pérennité de cette entreprise. Nous nous sommes ainsi penchés sur les problèmes que connaît cette ferme.
Le principal semble être l’électricité. Comme partout en Inde, mais peut-être encore plus à la campagne, le réseau fonctionne très difficilement, et il est très rare d’avoir de l’électricité. Pour beaucoup de tâches, la ferme peut s’en passer : ainsi, le feu de bois chauffera les aliments, un système de filtration de l’eau la rendra potable, et même les machines à coudre fonctionnent avec des pédales. Mais par exemple, la machine à broder ne peut fonctionner qu’avec de l’électricité. Sans compter les ampoules, le frigo collectif. Mais surtout, le principal problème vient de la chaleur. Ici, au mois de mai, la température moyenne en journée est de 45 degrés à l’ombre. Pendant tout l’été, elle avoisinera les 40 degrés, même en période de mousson. Il est donc difficile voire impossible de rester à l’intérieur et de travailler pendant les heures les plus chaudes de la journée, soit de 10 heures à 19 heures. Un système de ventilation est donc nécessaire. Lorsque l’électricité n’arrive plus, les bâtiments sont dotés de batteries, qui peuvent prendre le relais quelques heures. Mais lorsque cela fait plusieurs jours qu’il n’y a plus d’électricité, tout le monde est obligé de vivre au ralenti.
Ainsi, les conséquences sur le travail, mais surtout sur l’éducation des enfants du village sont énormes. La plupart du temps, en période estivale, les cours ne peuvent pas avoir lieu, et il est très difficile de fidéliser les jeunes villageoises dans ces conditions.
La période de notre séjour n’est pas étrangère à notre choix final. Nous avons nous aussi souffert de la chaleur du mois de mai, et découvrir les conditions terribles de travail à cette période. Aussi, nous avons décidé de soutenir Jyoti et Kakoli dans leur projet d’installations de panneaux solaires.
Depuis plusieurs mois, elles étudient les propositions des différents constructeurs. L’objectif étant d’être autonomes sur l’énergie. Nous avons choisi d’équiper dans un premier temps le bâtiment principal : celui de la fabrication des vêtements. Il pourra héberger, à l’étage, les cours d’anglais et d’hindi, si le temps empêche l’utilisation de la salle de classe. Ainsi, il y aura suffisamment de ventilateurs pour assurer une température acceptable. Le coût de l’installation a été chiffré à 2000 euros. Grâce aux subventions collectées en France, l’ASAD a pu d’ores et déjà financer le projet à moitier, le reste étant réparti entre les bénéfices de la ferme et l’argent personnel de Jyoti. L’installation est en cours, et devrait pouvoir être opérationnel dans l’année.
Dans un deuxième temps, il s’agira d’équiper la salle de classe. L’ASAD compte donc sur les financements qu’elle va tenter d’obtenir d’ici un an, pour participer à nouveau à l’installation de panneaux solaires. Et aider la ferme à faire front à l’arrivée de nouvelles jeunes filles du village, et développer de nouveaux projets.
AUTRES PROJETS
D’autres projets sont en cours. Ainsi, devant la croissance démographique de Ladpoori, et l’analphabétisme des femmes, il apparaît important pour Satya Jyoti Trust d’aller encore plus loin dans leur partenariat avec le village. En effet, les femmes du village sont quasiment cloîtrées chez elles, accaparées par leurs tâches maternelles. Ainsi, en plus de faire venir les jeunes filles à la ferme, il est prévu à terme d’acheter de nouvelles machines à coudre, et de les donner aux familles du village. Les femmes pourraient alors elles mêmes confectionner des vêtements pour la ferme, et recevoir un salaire. Tout cela sans quitter leur maison.
Dans une même optique de développement, puisqu’il est prévu de produire plus, Kakoli et Jyoti cherchent à développer leur activité de vente à l’étranger : c’est ainsi qu’à Paris, leur collection a rencontré un franc succès.
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